| Le masque est la définition de Venise. Sa réputation est internationale. Grâce au masque, la noblesse a pu vivre ses fantaisies. Le masque le plus célèbre est la Bauta qui désignait au départ un capuchon de soie noire, accompagné d'un mantelet de dentelle que l'on coiffait d'un tricorne et que l'on portait avec un masque blanc la Larva ou Volto. Hommes, femmes, nobles et bourgeois arpentaient Venise en Bauta. Le Tabarro une large cape complétait le costume et garantissait l'anonymat total. A part la Bauta, les femmes portaient un petit masque noir ovale, la Moretta. Au XVIIIe siècle le Grand Conseil avait même obligé les femmes de la noblesse
à fréquenter les théâtres et les cafés masquées pour préserver leur réputation
et celle de leurs maris. Au XVIIIe siècle le carnaval était une fête permanente. On se masquait du 5 au 16 décembre, période de l'avent, puis on remettait son masque à la Saint Etienne. Le 26 décembre était la date officielle du début du carnaval. Les fêtes vénitiennes étaient célèbres dans toute l'Europe. Ils prirent fin lors de l'arrivée des troupes napoléoniennes à Venise le 16 mai 1797. Après deux siècles d'interruption, un petit carnaval recommence en 1979. En 1980, la Biennale de Venise et le metteur en scène Maurizio Scaparro organisent du 13 au 24 février un festival de théâtre. Ce mélange de théâtre et de carnaval fascina les Vénitiens et se développa progressivement en attirant de nombreux touristes. Aujourd'hui le carnaval de Venise n'est plus un festival de théâtre mais une fête populaire et le public a changé. Malgré tout, la beauté de ses masques et ses costumes et le décor féerique de Venise n'arrêteront jamais de nous fasciner. |